Arkhè



L’arkhè, en grec ancien, désigne à la fois ce qui commence et ce qui commande : la cause première autant que le principe organisateur. Le projet Arkhè reprend cette notion pour la déplacer sur le plan civilisationnel. Il s’agit d’une enquête sur les fondements, d’un retour vers les mythes fondateurs et vers les formes archaïques qui continuent de hanter l’imaginaire occidental.

Réalisé en collaboration avec les intelligences artificielles de Midjourney et de Photoshop, Arkhè explore un territoire situé entre mythe, histoire et fiction. L’IA y est utilisée comme outil de fouille imaginale, faisant émerger des représentations qui semblent provenir d’une mémoire collective incertaine. Ces images sont ensuite transposées par le procédé du collodion humide, inventé en 1851, qui produit sur verre des images uniques, matérielles et fragiles.

Cette démarche poursuit deux objectifs. Le premier est d’esquisser une réflexion sur la civilisation occidentale : son pouvoir créateur, sa pulsion d’exploration, mais aussi l’ombre de sa ruine et de sa mortalité. Le second consiste à soustraire ces images à la prolifération numérique pour leur rendre une forme d’unicité. Issues d’un champ infini de variations artificielles, elles deviennent ici des objets singuliers, dotés d’un poids, d’une présence et d’une temporalité propres.

Par le collodion, ces images changent de statut. Elles prennent l’apparence d’archives fictives, fragments d’un récit indéterminé dont on ne sait s’il relève du passé, du futur ou d’une mémoire rêvée. Les accidents, défauts et altérations propres au procédé voilent sans l’effacer entièrement leur origine numérique. C’est dans cette tension entre fabrication technique, hasard matériel et imaginaire historique que se construit leur plausibilité.